Le nouveau plancher ne concerne pas que les entreprises de sécurité. Il modifie le coût de toute prestation courte, et rend caducs certains contrats en cours. Cet article chiffre l’effet et dit ce qu’il faut renégocier.

L’essentiel
  • Une mission de trois heures se facture désormais sur une base de six heures.
  • L’événementiel est le secteur le plus touché : l’écart peut doubler la facture.
  • Un devis qui ignore la règle signale un prestataire qui ne l’applique pas.
  • Les contrats pluriannuels en cours appellent un avenant, pas une résiliation.

Ce qui change dans votre facture

Le plancher porte sur la rémunération de l’agent. Une entreprise qui paie six heures ne peut pas en facturer quatre : le surcoût se répercute mécaniquement.

Une mission de 3 heures, deux agents Avant le 1er juillet 2026 Plancher de 4 heures 2 × 4 h = 8 heures facturées Depuis le 1er juillet 2026 Plancher de 6 heures 2 × 6 h = 12 heures facturées Écart : 4 heures facturées en plus par mission Soit environ 100 € sur une prestation à 25 € de l’heure. Le calcul vaut pour chaque agent mobilisé.

L’effet se multiplie par le nombre d’agents

Le calcul vaut pour chaque agent mobilisé. Une soirée d’entreprise avec quatre agents pendant trois heures passe de seize à vingt-quatre heures facturées, soit environ deux cents euros de plus sur une prestation à vingt-cinq euros de l’heure.

Ce surcoût n’est pas une marge supplémentaire pour le prestataire : il correspond à des heures réellement payées à l’agent, charges comprises. Un prestataire qui répercuterait davantage que le coût réel serait dans son droit commercial, mais l’écart devient vérifiable — le coût d’une heure supplémentaire se calcule.

Les prestations non touchées

Une vacation de huit ou douze heures ne change pas : elle dépassait déjà le plancher. Le gardiennage permanent, la surveillance de nuit et les postes d’accueil à la journée ne sont donc pas concernés.

Les secteurs les plus touchés

L’événementiel

C’est le plus exposé. Un salon, un vernissage, un dîner d’entreprise mobilisent souvent des agents pour trois ou quatre heures. La règle renchérit ces prestations de cinquante à cent pour cent.

Une conséquence prévisible : les prestataires proposeront des formats plus longs, ou regrouperont plusieurs missions dans une même journée pour atteindre le plancher. Cela peut jouer en votre faveur si vous acceptez une présence élargie plutôt qu’un surcoût sec.

Une conséquence indirecte mérite attention : certains prestataires pourraient refuser purement et simplement les missions très courtes, devenues peu rentables à organiser. Les entreprises qui font appel à des renforts ponctuels ont intérêt à sécuriser leur relation avant de se trouver sans solution en période de forte demande.

Les renforts ponctuels

Un renfort de deux heures aux heures de pointe, une présence pendant un inventaire, une ouverture exceptionnelle : ces prestations courtes deviennent proportionnellement plus chères.

Les ouvertures et fermetures

Les prestations d’ouverture et de fermeture de site, souvent d’une à deux heures, sont les plus affectées en pourcentage. Elles gagnent à être regroupées avec une autre mission sur le même site.

Vos contrats en cours

Un contrat signé avant juillet 2026 ne devient pas illégal : c’est son exécution qui doit se conformer à la nouvelle règle.

Ce qui doit être renégocié

Tout contrat prévoyant des interventions sous six heures appelle un avenant. Le prestataire ne peut plus les exécuter au tarif convenu sans être en infraction — ou sans rogner sur la rémunération de ses agents, ce qui vous expose également.

La forme de la renégociation compte. Un avenant écrit, précisant la nouvelle base de facturation et la date d’effet, vaut mieux qu’un accord verbal ou qu’une simple modification des factures. En cas de litige ultérieur, c’est l’écrit qui fera foi.

Ce qui reste valable

Les contrats de gardiennage permanent, les prestations en vacations longues et les forfaits mensuels calculés sur des présences continues ne sont pas affectés.

Un prestataire qui ne change rien

Si votre prestataire continue de facturer des missions courtes au tarif antérieur, deux explications : soit il absorbe le surcoût — ce qui ne tiendra pas —, soit il ne paie pas ses agents sur la base légale. Dans le second cas, votre responsabilité de donneur d’ordre peut être recherchée.

Comment adapter votre dispositif

Regrouper plutôt que fractionner

Deux missions de trois heures sur le même site, séparées de moins de deux heures, comptent pour une seule vacation de six heures. Réorganiser vos besoins autour de cette règle évite le surcoût.

Élargir le périmètre

Puisque vous payez six heures, autant qu’elles servent. Un agent présent trois heures pour un événement peut assurer l’ouverture, la préparation ou la fermeture du site sur les heures restantes.

Une option souvent négligée : mutualiser avec d’autres sites proches. Deux entreprises voisines ayant chacune besoin de trois heures peuvent partager un agent sur une vacation de six heures, chacune payant sa part. Le montage suppose un accord entre les deux clients, mais il divise le surcoût.

Revoir la demande, pas seulement le prix

Un cahier des charges qui précise les horaires par tranche permet au prestataire de proposer un dispositif optimisé plutôt qu’un simple report de coût.

Comparer sur la même base

En déposant une consultation, tous les prestataires répondent au même périmètre. Les écarts de prix redeviennent lisibles, ce qui est particulièrement utile en période de changement tarifaire.

Ce que vous pouvez vérifier chez votre prestataire

Le nouveau plancher est un bon révélateur : la façon dont un prestataire l’a intégré en dit long sur sa rigueur générale.

Trois questions à poser

Comment avez-vous répercuté le plancher sur nos prestations courtes ? Vos plannings ont-ils été revus depuis juillet ? Vos agents en poste chez nous ont-ils vu leur contrat modifié ? Trois réponses précises signalent une entreprise qui suit sa branche.

Ce que dit un silence

Un prestataire qui n’a rien communiqué depuis l’été n’a pas nécessairement ignoré la règle — mais il ne vous a pas informé d’une évolution qui vous concerne directement. C’est un indicateur de la qualité de la relation.

Vérifier l’autorisation au passage

L’occasion est bonne pour contrôler que l’autorisation d’exercer de votre prestataire est toujours valide, et qu’elle couvre bien les activités qu’il assure chez vous. Ces vérifications se font en quelques minutes et engagent votre responsabilité.

Documenter vos échanges

Gardez trace écrite de la façon dont la nouvelle règle a été traitée dans votre contrat. En cas de contrôle ou de litige, c’est ce qui démontrera votre bonne foi de donneur d’ordre.

Vérifier une entreprise en deux minutes

Notre outil de vérification contrôle qu’une entreprise dispose bien d’une autorisation en cours de validité, et pour quelles activités.

Questions fréquentes

Le plancher de 6 heures s’applique-t-il à mon contrat en cours ?

Le contrat reste valable, mais son exécution doit se conformer à la règle depuis le 1er juillet 2026. Les interventions sous six heures appellent un avenant.

Combien coûte une mission de 3 heures désormais ?

Elle se facture sur une base de six heures par agent. Sur une prestation à vingt-cinq euros de l’heure, l’écart est d’environ cinquante euros par agent.

Puis-je demander une prestation de 2 heures ?

Vous pouvez la demander, mais elle sera facturée sur six heures. Il est souvent plus intéressant d’élargir le périmètre de la mission.

Mon prestataire n’a rien changé à ses tarifs : est-ce normal ?

Soit il absorbe temporairement le surcoût, soit il ne rémunère pas ses agents sur la base conventionnelle. Le second cas peut engager votre responsabilité de donneur d’ordre.

Le gardiennage permanent est-il concerné ?

Non. Les vacations de huit ou douze heures dépassaient déjà le plancher : rien ne change pour elles.

Deux missions courtes dans la journée comptent-elles séparément ?

Si elles sont séparées par une coupure de deux heures ou moins, elles comptent pour une seule période. Au-delà, c’est l’amplitude entière qui est rémunérée.