La sécurité privée est un secteur en mouvement permanent. Entre revalorisation salariale, renforcement des contrôles du CNAPS et évolution des obligations des donneurs d'ordre, l'année 2026 apporte plusieurs changements qui concernent directement les entreprises comme leurs clients. Voici le point complet.

+2,8 %revalorisation des salaires minimums au 1er janvier 2026
12,42 €brut horaire minimum pour un agent coefficient 120
IDCC 1351convention collective applicable au secteur

Revalorisation salariale : ce qui change au 1er janvier 2026

L'accord triennal du 25 septembre 2023, étendu par arrêté du 20 décembre 2023, prévoyait trois hausses successives des salaires minimums conventionnels. La dernière est entrée en vigueur le 1er janvier 2026, avec une revalorisation de 2,8 % sur l'ensemble de la grille.

QualificationCoefficientBrut horaireBrut mensuel
Agent de sécurité (APS)12012,42 €1 883,85 €
Agent de prévention en magasin13012,58 €1 908,54 €
Chef de poste / SSIAP 114012,96 €1 965,78 €
Chef d'équipe SSIAP 215014,73 €2 234,00 €
Chef de service SSIAP 323521,65 €3 283,00 €
Ce que cela implique concrètement

Ces montants sont des planchers obligatoires : aucune entreprise ne peut rémunérer en dessous, quel que soit le tarif négocié avec son client. Un prestataire qui propose un prix incompatible avec cette grille ne peut respecter la convention.

Une négociation triennale attendue en 2026

L'accord actuel couvrait la période 2024-2026. Une nouvelle négociation est donc attendue dans le courant de l'année pour fixer la trajectoire 2027-2029. Les partenaires sociaux abordent généralement trois sujets : le niveau de la grille, la revalorisation des primes conventionnelles, et l'attractivité des métiers face aux difficultés de recrutement.

Majorations et primes : les minimums en vigueur

Au-delà du salaire de base, la convention impose des majorations et des indemnités que tout devis sérieux doit intégrer. Elles sont trop souvent absentes des propositions les moins chères.

Majorations conventionnelles minimales
Travail de nuit (21 h – 6 h)+10 %
Travail du dimanche+10 %
Nuit de dimanche (cumul)+20 %
Jour férié+100 %

Les majorations se calculent sur le taux horaire minimum conventionnel et se cumulent entre elles. Le 1er mai doit obligatoirement être payé, sans possibilité de repos compensateur.

S'y ajoutent des primes qui pèsent réellement dans le coût d'une prestation : la prime de panier (4,48 € par vacation d'au moins six heures), l'indemnité d'entretien des tenues (8,78 € nets par mois), la prime d'habillage et de déshabillage, et la participation aux transports imposée par le Code du travail (article L.3261-2). La prime d'ancienneté progresse de 2 % après quatre ans jusqu'à 15 % après vingt ans.

Contrôles du CNAPS : une vigilance accrue

Le Conseil national des activités privées de sécurité poursuit son travail de moralisation du secteur. Les contrôles portent principalement sur trois points : la validité des autorisations d'exercer, la détention effective des cartes professionnelles par les agents présents sur site, et le respect des règles de sous-traitance.

Ce qui est contrôlé
  • Autorisation d'exercer de l'entreprise
  • Agrément du dirigeant
  • Cartes professionnelles des agents
  • Déclaration des sous-traitants
  • Mentions obligatoires sur les documents commerciaux
Les manquements les plus sanctionnés
  • Agent sans carte professionnelle valide
  • Sous-traitance non déclarée
  • Absence du numéro d'autorisation sur les devis
  • Exercice sans autorisation à jour
  • Défaut de tenue du registre du personnel

Ce que cela change pour les donneurs d'ordre

La responsabilité du client n'est pas neutre. Recourir à un prestataire non autorisé, ou fermer les yeux sur des agents sans carte professionnelle, expose à des conséquences réelles : nullité possible du contrat, absence de couverture assurantielle en cas de sinistre, et mise en cause au titre du devoir de vigilance.

Concrètement, exigez systématiquement avant toute signature : l'autorisation d'exercer CNAPS, les cartes professionnelles des agents affectés, l'attestation de vigilance URSSAF de moins de six mois, et l'attestation d'assurance responsabilité civile. Vous pouvez vérifier gratuitement une entreprise de sécurité avant d'engager la discussion.

Le signal d'alerte le plus fiable

Un tarif nettement inférieur au marché. Avec un salaire minimum de 12,42 € brut, des charges de 40 % environ et les primes obligatoires, le prix de revient d'une heure d'agent APS dépasse largement 20 €. En dessous, l'équation ne tient pas dans le respect de la convention.

Comment suivre ces évolutions

Trois sources font autorité et méritent d'être consultées directement : Légifrance pour les textes en vigueur et les arrêtés d'extension, le site du CNAPS pour les décisions et la doctrine de l'établissement, et le portail Service-Public pour les obligations des employeurs.

Pour approfondir les sujets abordés ici, consultez notre analyse détaillée de la convention collective de la sécurité privée et notre guide sur l'agrément CNAPS.

Calculez l'impact de ces évolutions

Notre calculateur intègre la grille conventionnelle 2026, les majorations et les primes obligatoires. Il indique la date de dernière mise à jour du barème.

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Questions fréquentes

Quand a lieu la prochaine revalorisation salariale ?

L'accord triennal 2024-2026 arrive à son terme. Une nouvelle négociation est attendue en 2026 pour la période suivante. En l'absence d'accord, la grille reste applicable jusqu'à son remplacement.

Les majorations de nuit et de dimanche se cumulent-elles ?

Oui. Une heure travaillée un dimanche entre 21 h et 6 h bénéficie des deux majorations, soit 20 % au total.

Un devis peut-il omettre le numéro d'autorisation CNAPS ?

Non. Ce numéro doit figurer sur les documents commerciaux de l'entreprise. Son absence est un manquement et prive le client d'un élément de vérification essentiel.